La rivière qui mène au retour.

Publié le par sagesse









Du lac sombre, glauque, flaque d'encre
paroi de titane sous le ciel ocre sans reflet
Sort une silhouette qui ne plaît à personne
Elle ne ressemble pas à un homme
Pourtant faite de chair et criante

Ils chevauchent tous sous le soleil en descendant la rivière, ils sont mille. Ils conduisent des chars impossibles et ne tirent que des balles de sable, qui s'effritent à peine formée et se dissolvent dans l'air!
Alors ils chevauchent, les fous, ils conduisent des animaux sans jamais atteindre nulle part, dès le départ, ils sont déjà revenus!

Toute la famille s'approche du dernier
Ils vient de sortir du ventre et gluant
Ils ne plaît à personne
Ils n'est même pas encore un homme
Pourtant fait de chair et d'os clairs

Ils chevauchent tous en sautant par dessus le mur qu'on avait dressé, ils sont dix mille. Ils conduisent des avions de papier qui s'approchent trop du soleil et brûlent! Ils descendent le long de la rivière, pour aller parlementer entre morts, mais les morts et les fous sont du même côté de la barrière, à peine partis, ils sont déjà revenus!

Dans la soirée philosophie sans goût
Et voilà qu'elle se lève pour souffler
Elle ne plaît pas aux hommes
Elle ne ressemble même à personne
Pourtant faite de chair et machine humaine

Ils chevauchent dans des contrées lointaines, lointaines pour eux qui habitent dans la tour, s'en aller est déjà lointain pour ceux qui ne voient pas le jour, ils sont cent mille. Ils se laissent couler sur le dos pour descendre la rivière, ils veulent atteindre un univers qui tourne autour d'eux comme une mouche insaisissable, les fous tentent toujours d'attrapper ce qui ne leur appartient pas!

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