
Nakahara regarde
amer
partir les fils du chemin
ses frères
Assis au bout du pont
de fer
il se lance dans un chant
de guerre
Il rêvera toujours
misère
voudra résoudre un
mystère
Enfermé dans une âme
de chair
Il s'imagine
solitaire
Et pour cela, il reste seul, sur le vieux pont, rouillé sans nom, derrière la gare, se nourissant des voix, des mélodies de départ, des étoiles électriques, il protège son visage, de sa main grande
ouverte, des câbles fouettant, l'espace sur sa tête.
Shiva shiva. Il ne peut que se rappeler des couleurs des sons.
Shankara, il s'abreuve à la source de brume.
Il tourne le moulin, le jette dans l'océan de souffle.
Et pour cela, il faut laisser Nakahara, manger sa peur, au soleil bas, ses champs
de fer
ses faibles
lumières.