A travers la fenêtre, les collines.

Publié le par sagesse

BILD0395.JPGIl m'accueille dans son vaste bureau gris et chaud, c'est mon père.

Il me montre à travers la grande baie vitrée, le paysage merveilleux de mon enfance. Sous mes yeux éblouis de petite fille toujours prête au ravissement, des collines de conte de fée s'éparpillent, bondissent, fraîches et vertes, tellement vertes, ça me brûle d'éclat.

Paysage de printemps maudit.
Image à jamais figée sous mes paupières.

Fraîcheur. Colline verte, croquante, coeur de laitue. Soleil de mai qui célèbre ma naissance, mon existence. Père enfant qui s'amuse. Mais qui? Qui, derrière les hauteurs dort sournoisement? Qui sous le soleil de mai se prépare, cocon de sable, à se répandre en aridité? Pendant que mon père me montres souriant -ce paysage "je l'ai acheté pour toi" dit-il, ses collègues sortent, s'effacent devant l'immensité de la générosité, devant le talent de la richesse. Tous s'écartent au passage des nobles sentiments.

Surtout moi.

Moi qui préfère courir dans les prés, j'essaie d'ouvrir la fenêtre. Mais il semblerait que ce qui est à moi ne m'appartient pas. Au point que je n'en verrai plus la couleur.

Les rideaux sont tirés, pas la photo de famille.


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gari 21/03/2008 00:46

la vie et l'univers est plein  de couleurs , nous n'en connaissont qu'une infime partie , tout reste à découvrir