Vendredi 19 décembre 2008
Une famille alors.                                                                                   illustration: Lili Gribouillon

Dans des draps frais.

Un matin de soleil. Des enfants crient mais pas fort car c'est loin.

Je me cache.

C'est parce qu'on joue à cache-cache.

Moi je savais pas!

Elle crie mon nom dans le tunnel, ça résonne.

Je réponds, innocente. Elle dit je t'ai trouvée.

Je dis mais je savais pas, attends je me cache, alors je vais
dans un grenier, dans une armoire, mais c'est trop tard.



Une famille, ceux qui crient, qui courent et qui te cherchent quand tu ne te cachais pas?
Une famille, ceux qui crient ton nom, pour que tu te dévoiles, et qui trahissent les codes?
Une famille ceux qui te poussent à te terrer dans un grenier dans une armoire et qui ne te cherchent plus?

Une famille alors.

Dans des draps frais.

Un matin de soleil. Et des soirées de tisanes avec des petits rires en pique, coeur, carreau.

Et des enfants qui crient au loin, pas très fort.
Par sagesse
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Communauté : L'âme du poète
Mercredi 17 décembre 2008
Mon petit,

Je voudrais te donner le sein
Mais je n'ai plus de lait.
Je voulais te donner la vie
Mais à présent tu dois le payer.
La nuit je rêve de toi et tu as trop mangé!
Je me réveille et tu es déjà debout
A regarder le soleil
A me regarder ensuite                                                           
A me demander de regard
Des choses trop compliquées
Mais quand la faim hurle
Ma raison c'est mon ventre
Et je comprends que l'univers
Ne veut pas de tout le monde.
Alors j'ai envie de pleurer
Mais je suis toute sèche
Mon âme brûle d'injustice
Mais je peux pas crier du silence
Alors je ne dis rien
Il n'y a rien a dire
A moins que je n'aie pas la force
A moins que j'attende moi aussi quelque chose du soleil.
Je n'attends rien des autres
Les autres, à part toi, mon coeur,
que j'ai fabriqué de ma chair
comment ai-je pu avoir cette force
de faire un enfant aussi beau?
Les autres ce ne sont que des solitudes
Qui perdent les malheurs dans l'oubli
Surtout le malheur des autres
Surtout le malheur des autres qu'il ne connait pas
Surtout le malheur des autres qui sont si loins
Surtout le malheur de ceux qui ont cette peau si brune
Surtout le malheur de ceux qui ne peuvent pas se battre
Les autres, mon bébé, mais je le dis dans ma tête, ça me fait mal de parler
et je ne veux pas creuser, en toi plus que tu n'es déjà vide, la souffrance!
Les autres aiment les gagnants,
Ils veulent que les vainqueurs continue de vaincre
Et pour être sûrs qu'il y ait toujours des vainqueurs,
Ils s'assurent qu'il y aient toujours des batailles
Les perdants sont oubliés,
Ce qui ne se sont pas battus ne sont même pas évoqués.

Je voudrais te donner de la force, de la confiance, du courage, de l'équilibre, des repères et un respect de la nature, de la générosité, de l'humilité, mais tout d'abord, ce que je voudrais par dessus-tout c'est te donner quelque chose à manger.

http://un-enfant-meurt.over-blog.com
Par sagesse
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Communauté : Pensées d'ailleurs
Mardi 16 décembre 2008
Bienvenue! Wilkommen! je vous en prie asseyez-vous.
Je vais vous expliquer l'endroit où vous vous trouvez.
Bienvenue, je l'ai déjà dit.
Comment commencer, eh bien
par le commencement voyons,
comment commence-t'on une explication?
Sous forme de conte, oui installez vous,
Bien je dirais donc: "il était une fois", ça vous convient?
Bienvenue, oui mais il vient d'arriver, Wilkommen, prenez-place,
je commençais le commencement comme le conte,
vous savez: "il était une fois", bien que ce ne soit pas vraiment un conte,
Ou alors il faudrait que je sois fantasque, pour coller au style,
"Il était une fois un pays, habité par des mangeurs d'endives."
Ha oui bien-sûr je vous dois des explications,
Les explications c'est concret, on ne peut pas débouler, comme ça,
un commencement de conte avec des mangeurs d'endives
je vous demande un peu! Bienvenue, oui, oui, par terre n'importe où ici
le sol est chaud naturellement, ça favorise la culture d'endives,
mais je diverge encore, alors que je devais vous expliquer
la raison pour laquelle vous vous trouvez ici, et c'est où ici.
On commence par le commencement:
"Bienvenue" est un mot d'accueil chaleureux permettant une introduction
des questions? déjà? je vous écoute, si c'est chez moi ici?
Ah mais il est drôle lui, bien-sûr que c'est chez moi,
Sinon vous croyez que je me permettrais d'inventer des procédés de culture d'endives chez quelqu'un d'autre!
"Excusez-moi, oui, je viens drainer le sol, pour les endives, c'est trop humide ici!"
Non mais je vous demande un peu!
En plus je me permets de divaguer, parce que je vous ai amené ici, mais hein
vous êtes pas obligé de rester, mais oui c'est chez moi.
"Bienvenue, Wilkommen, il était une fois chez moi, un pays où vivent des mangeurs d'endives et ça tombe bien car on en cultive, le sol est chaud, vous pouvez vous asseoir par terre, n'importe où sauf sur une endive, merci."
Par sagesse
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Communauté : Vive le désordre !
Lundi 15 décembre 2008
La plaine de béton
s'étend vaste, infinie.
Des parkings, des buildings, du gris
décliné sur tout les tons.

Sous nos pas la terre se tait.
Etouffée.
Pas de chants d'oiseaux.
Le ciel est blanc, l'atmosphère laiteuse,
pas de photosynthèse,
c'est l'absorption sans retour.

Nos chaussures claquent bien, résonnent sur la plate-forme.

Il y a un marchand de bonbons
qui ne dit rien
Sinon ça hurle.

Devant lui, coule un chenal, humble
guidant une file indienne de trains-bateaux destinés à la livraison.

Sans personnalité
le petit chenal.
Il se tait.
Dépressif,
Ridicule.

Le marchand ambulant s'est posté sur sa rive
Et sa boutique
quelque peu délabrée
s'appelle: "Aux douceurs de l'Amazone".
Par sagesse
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Communauté : L'âme du poète
Lundi 15 décembre 2008
Dieu
C'est une grande joue molle
qui se penche sur le monde
pour recevoir un bisou.
Pas de chance,
les jours où il ne se rase pas,
ceux qui tombent sur les poils!

Dieu
C'est une mouche Tsé-tsé
qui a voulu se suicider
En se piquant elle-même.
Nous surveillons toujours le coma
Attentivement.

Dieu
C'est un mec chiant et bourré
Et qui ne sait plus où sont ses clefs
Et qui se trompe de maison
Et baise la femme d'un autre.

Dieu
C'est un ectoplasme
Qui s'amuse à faire peur aux enfants
En se mettant dans les détails
Qu'eux seuls peuvent voir
Il rit très fort
Quand tout le monde est à table.


Par sagesse
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Communauté : Les mots dans tous leurs états
Lundi 15 décembre 2008
Ma température a baissé de deux degrés.


C'est à cause des extras-terrestres je pense.

Vous savez,

Ma vraie famille de Vénus
Qui vont venir me chercher
Pour aller vivre dans du gaz très chaud

Ils font baisser ma température

Et quand mes mains ne seront plus que des fines baguettes de glace,

Ils viendront me chercher
Les Vénusiens!
Par sagesse
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Aide temporaire référencement

Pr�sentation

  • : L'avancée du désert
  • avanceedudesert
  • : Mais qu'est-ce que je raconte? Mais l'avancée du désert bien-sûr, cette vie qu'on aime tellement malgrès qu'elle nous emmène vers le néant!
  • Recommander ce blog

M'écrire


Vous voulez m'écrire? J'adorerais vous lire



parchemin.png


Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus