Vendredi 30 janvier 2009








Du lac sombre, glauque, flaque d'encre
paroi de titane sous le ciel ocre sans reflet
Sort une silhouette qui ne plaît à personne
Elle ne ressemble pas à un homme
Pourtant faite de chair et criante

Ils chevauchent tous sous le soleil en descendant la rivière, ils sont mille. Ils conduisent des chars impossibles et ne tirent que des balles de sable, qui s'effritent à peine formée et se dissolvent dans l'air!
Alors ils chevauchent, les fous, ils conduisent des animaux sans jamais atteindre nulle part, dès le départ, ils sont déjà revenus!

Toute la famille s'approche du dernier
Ils vient de sortir du ventre et gluant
Ils ne plaît à personne
Ils n'est même pas encore un homme
Pourtant fait de chair et d'os clairs

Ils chevauchent tous en sautant par dessus le mur qu'on avait dressé, ils sont dix mille. Ils conduisent des avions de papier qui s'approchent trop du soleil et brûlent! Ils descendent le long de la rivière, pour aller parlementer entre morts, mais les morts et les fous sont du même côté de la barrière, à peine partis, ils sont déjà revenus!

Dans la soirée philosophie sans goût
Et voilà qu'elle se lève pour souffler
Elle ne plaît pas aux hommes
Elle ne ressemble même à personne
Pourtant faite de chair et machine humaine

Ils chevauchent dans des contrées lointaines, lointaines pour eux qui habitent dans la tour, s'en aller est déjà lointain pour ceux qui ne voient pas le jour, ils sont cent mille. Ils se laissent couler sur le dos pour descendre la rivière, ils veulent atteindre un univers qui tourne autour d'eux comme une mouche insaisissable, les fous tentent toujours d'attrapper ce qui ne leur appartient pas!
Par sagesse
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Jeudi 22 janvier 2009
"ou comment le mystère ne peut être révélé qu'en dessous du monde"

Qu'il était doux ce temps
Où tu m'emmenais
vers les chemins noirs de la lucidité

A présent le silence
Etend sa voûte sombre

(A côté de ma tête mes envies comme des décombres)

Et je mens des créations
Tout est faux

(Mes idéaux sont basculés comme des pions)

Qu'il était doux ce temps
Où la vie avait
Cette façon pratique de dessiner des routes

Aujoud'hui je m'embourbe
Dans les sables mouvants

(Je gigote à peine et contemple la tourbe)
Par sagesse
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Dimanche 18 janvier 2009


Comme certains sautent de falaises sans parachute, le grand plongeon vers le vide
Je t'ai effacé
Je t'ai effacé
Tu n'existes plus dans ma mémoire
Tu n'existes plus dans ma vie
Sauf parfois tard le soir quand mes poumons veulent respirer ton air
Je m'asphixie, je ne respire plus
Alors ma planète s'arrête de tourner
Doucement
S'incline de l'autre côté
Et recommence à tourner
Lentement
Puis de plus en plus rapidement
Commence une nouvelle ère glaciaire de ma mémoire
Je t'ai gelé
Je t'ai gelé
Tu n'existes plus dans mes connexions
Tu n'existes plus dans mes visions
Sauf parfois tard le soir quand ma peau veut se baigner à la lueur de ton regard
Je ne te sens plus
Je ne te vois plus
Alors mon pays en guerre se referme et lance par dessus les murs
De pauvres balles perdues qui tombent sur du rien
Des missiles sans charge
De pauvres balles
Je t'ai tué
Je t'ai tué
Tu n'existes plus dans mes comparaisons
Tu n'existes plus dans ma recherche du bonheur
Sauf parfois tard le soir quand mon âme met ton nom dans une bouteille et l'envoie à la chance de te retrouver.
Par sagesse
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Vendredi 9 janvier 2009
Le désir est un chien de garde solidement attaché en laisse, qu'on craint de libérer et qu'il ne nous morde en retour. Mais il arrive parfois qu'éprouvés, nous dispersions notre attention et que lentement, hypnotisés par le flou d'un monde plus incompréhensible, nous laissions le chien s'échapper.

Alors les évènements arrivent. Eux, qui nous semblaient être facétieux, voire moqueurs, voire cruels, voire ennemis -plus le chien est dressé, moins ils n'osent s'approcher- semblant lutter contre notre destin au lieu de nous paver la route, se révèlent fragiles et volatiles sans autre force que celle de nous effleurer la tête lorsque nous l'abandonnons à flotter librement, comme des fleurs aériennes dans un petit pré caché.

Souvent nous exigeons, souvent nous attendons, souvent nous souffrons de n'avoir pas, et nous nous desséchons en haissant la mort. La nature n'a d'autre volonté que la vie, la vie n'a d'autre destin que la mort.

C'est ainsi que, dans les cultures où l'abondance des mythes anciens s'accole à la déchéance de la réalité, on a pas de quoi payer les chiens, on les laisse vivre en meute.

Dans ce monde, les chiens de garde ont peur des chiens de meute. Les chiens de meute hurlent à la lune, ils sont malades, ils mangent des déchets, ils mordent par rage et non par éducation, ils vivent solidaires et partagent le peu de carne pourrie qu'on a bien voulu leur jeter.

Dans ce monde, les esclaves ne sont pas ceux qu'on croit.
Par sagesse
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Vendredi 9 janvier 2009
"Chant rituel pour recouvrir la volonté, lorsqu'elle a été anihilée par la peur, ce loup. Une peinture rituelle sur le corps est nécessaire pour accéder à la mort tandisque le guérisseur agit. Le rythme est vivant, le rythme est dans le chant du merle. Chant sacré réservé aux initiés, sous la surveillance de son maître."

Mal le vide, mal dans mots!
S'abîme sombre loin, au-dessus gouffre de nuages, mêle tant, tant.
Mal dans l'âme, mal dans dos,
que vinssent pas, que vinssent mots!
Ne t'écris-toi mal dans vers et retourne à demi,
Couronne glace berce, repos de vivre,
rage, cri.
Mal de froid, vide sang chaud.
Regarde flammes, que prennent tournant,
rage, cri.
Retourne dans, tire vers, souffle bile à travers, mal aux os.
Ne te traduit-toi, langage est vie,
Vent de peur, lien de sang, brise fraîche,
Prend dans ventre, retourne en centre, colère,
rage, cri.
Tourne autour, appelle, colère,
rage, cri.
Tourne tourne tourne autour,
Tourne tourne tourne tourne plonge
Tourne tourne passé s'arrache
Tourne tourne, tornade arrache
Pleure, vide l'eau.

La peur gravée par le vent aux écorces
La cicatrice de la nature

Reviens quoi dans eau, quoi dans sang.
Regard dedans, nage dans sang.
Puise au silence, croyance tant, tant.
Nage dans eau, nage au dedans,
Sang lié, rage mêlée, hurlement du loup, sa plaie.
Sang lié, terre mêlée, glapissement du renard apeuré.
Sang lié, ciel mêlé, vol du faucond rusé.

Tourne tourne toi, tourne tourne
Tourne, tourne, tourne, nature attache
Tourne tourne parole attache
Tourne tourne tourne vole, hurle, piste, flaire, mange chair
Danse chair, chante chair,
Esprit s'envole, chante chair.
Par sagesse
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Vendredi 2 janvier 2009
Ainsi va le conte:

Sur des trônes brillants, deux serpents géants.
L'un est le démon, crachant et mordant, l'autre est un ange, aimable et gracieux.
Et devant chacun défile un cortège de partisans.
Les uns s'appellent les obscures, les autres s'appellent les ardents.
Ils se haissent sincèrement, et de part et d'autre fusent les insultes, les malédictions.
Tous hurlent, font des offrandes, acclament, votent, louent et prient.
Quelque fois des yeux trop opaques ou trop lumineux aspirent l'âme d'un adversaire.
Alors, parmis les rangs se forment d'autres rangs et c'est la guerre.
On se trépane, on s'égorge, on se fusille, on s'anéantit, on s'empoisonne.
Cela peut durer cent ans et les enfants qui ignorent tout des causes,
Continuent à fomenter comme une raison d'être, des plans scabreux
et la façon la plus ingénieuse et immonde de tuer.
S'il y a souffrance, c'est mieux, disent les uns.
Souffrance morale et physique, disent les autres.
Souffrance morale, physique de la personne et des êtres qui l'entourent!
Souffrance de tous, humiliation, et conversion!
Conversion? Tu veux que ces animaux sans foi adoptent notre pure religion?
Non! Conversion et soumission à nos règles, aux devoirs mais pas aux droits!
Que c'est malin, que c'est ignoble! D'autres idées?
Oui! Mon imagination est en ébullition!
Les obscures comme les ardents se divisent en groupes et en sous-groupes
établissant des hiérachies pour mieux prendre les décisions.
Au sein-même des assemblées, commencent à s'ourdir des complots,
Qui est le plus fervent, qui est le plus dévôt, qui est le plus radieux, qui est le plus sombre.
Pour diriger, il faut être le parfait représentant de la race.
Il y a quelque suicides de deux balles dans la tête,
Des breuvages qui permettent d'être au mieux de sa forme,
Des cours particuliers "comment devenir puissant" qui se paient cher,
Argent qui servira à financer des campagnes.
On détourne les attentions, on parle des langues à double-sens,
On croit se comprendre,
Le chaos est total.

Sur les trônes brillants, les deux serpents géants.
S'enlacent tendrement et se murmurent des choses.
De ces secrets froufroutants, bruissements qui laissent penser qu'il se gaussent!
Depuis combien de temps?
Par sagesse
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